Beau succès pour le ciné-débat à Périgueux

Le 30 mars,  avait lieu notre premier ciné-débat  « La  (très)  grande  évasion »  en collaboration avec les associations ATTAC et CINÉ CINÉMA de Périgueux.

La présence de  Yannick KERGOAT, réalisateur engagé et militant, donnait une résonance  toute particulière à cette manifestation.

Ce film, auquel ANTICOR est associé, dévoile de façon claire, pédagogique  mais aussi dénonciatrice,  les méandres de l’évasion fiscale, « sport de haut niveau où les sportifs sont coachés par des cabinets conseils spécialisés très puissants » .
Ces figures de style sont  réservées  à une caste internationale, se plaçant au-dessus des lois,  et évoluant dans la toute-puissance avec une totale impunité.

La passerelle vers la corruption est alors bien mince voire inexistante.

A l’issue de ce film, un débat s’est ensuite engagé, animé avec brio par notre réalisateur.
Les toutes premières questions ont, bien évidemment, été les suivantes : « Devons nous baisser les bras et nous résigner ? Pourquoi continuer à voter ?  »
S’en sont suivies diverses propositions : indépendance et autosuffisance industrielle, alimentaire avec le concours de banques alternatives…
Mais il a bien fallu se rendre à l’évidence, ce n’est guère envisageable dans notre économie mondialisée où nous sommes tous interdépendants.

Néanmoins, il nous a été précisé que,  sous la pression de la crise économique, la taxation à 12 % de toutes les multinationales parait une  avancée certaine, en notant toutefois que les USA avaient proposé 21 % et que  c’est entre autres pays… la France qui a demandé à ramener ce taux à 12 % !


Par ailleurs, si un certain nombre de participants sont partisans de l’abstention, la nécessité de voter a tout de même été soulignée puisque, malgré les promesses,  le vote blanc n’est toujours pas reconnu.

Par contre, on peut observer que  le principe de la défiscalisation des dons lors des campagnes électorales donne une voix prépondérante aux contributeurs fortunés.

L’urgence d’un changement de paradigme parait évidente.
La volonté politique, cruellement absente jusqu’à ce jour, a dès lors été évoquée avec la nécessité absolue de légiférer.

Un échange s’est ensuite engagé sur l’inquiétant projet de réforme de la police judiciaire.
Avec cette réforme, ce sera le Directeur Départemental de la police , sous l’autorité du préfet, qui désignera les policiers en charge des enquêtes judiciaires, en totale  violation du principe de séparation des pouvoirs.

Enfin, la conclusion est revenue à Yannick KERGOAT appelant de ses voeux une réaction citoyenne.

Nous avons donc terminé cette soirée sur une phrase de Margaret Mead


« Ne doutez jamais qu’un petit nombre de citoyens volontaires et réfléchis peut changer le monde.

En fait, cela se passe toujours ainsi ». 

A l’issue de ce riche et long débat, nos adhérents ont manifesté le souhait d’une nouvelle séance : nous allons donc faire de notre mieux pour la mettre en oeuvre !